Bœuf bourguignon : une spécialité de Bourgogne à cuisiner et à partager

Bœuf bourguignon : une spécialité de Bourgogne à cuisiner et à partager

Le dimanche, quand les journées fraîchissent, le bœuf bourguignon donne une bonne raison de prolonger le déjeuner. La cocotte mijote, les pommes de terre attendent leur tour et la sauce au vin rouge finit de prendre sa consistance. Le plat se prépare sans précipitation, avec quelques ingrédients bien choisis et une cuisson que l’on surveille plus qu’on ne la bouscule.

Cette spécialité de Bourgogne associe du bœuf à mijoter, du vin rouge, des aromates, des lardons, des oignons et des champignons. Pour la réussir, le choix du morceau et la conduite de la cuisson comptent davantage que la recherche d’un ingrédient secret. Du paleron coupé régulièrement, une cocotte à fond épais et de petits bouillons constituent les repères de la recette proposée.

La préparation se fait ici sans marinade obligatoire. Prévoyez environ trois heures trente de mijotage, après la coloration de la viande, puis vérifiez le résultat à la fourchette : un morceau encore ferme réclame davantage de temps. La sauce doit rester souple, assez liée pour accompagner la viande sans devenir épaisse.

Pour le repas, quelques pommes de terre vapeur ou des tagliatelles suffisent. Un Mercurey rouge ou un Givry rouge peut prolonger la découverte du côté de la Côte chalonnaise, accessible depuis Chalon-sur-Saône. Le vin utilisé dans la cocotte et la bouteille servie à table peuvent être choisis séparément.

Aller à la recette du bœuf bourguignon

Le bœuf bourguignon, une spécialité au vin rouge et aux garnitures généreuses

Le caractère du bourguignon ne tient pas seulement au vin. Dans sa présentation de la recette, Le Cordon Bleu décrit la préparation « à la bourguignonne » par une sauce au vin rouge accompagnée de petits oignons, de champignons et de lardons. La garniture fait donc partie de l’identité du plat, au même titre que la viande et le mijotage.

Cette place du vin se retrouve dans les œufs en meurette, autre spécialité à découvrir en Bourgogne. Les recettes sont différentes, mais elles donnent toutes deux envie de prendre le temps de saucer son assiette.

Une tradition, plusieurs façons de préparer la cocotte

Les méthodes varient d’une recette à l’autre. Certaines font mariner la viande, d’autres commencent directement par la cuisson. La version attribuée à Bernard Loiseau par Bourgogne-Franche-Comté Tourisme prévoit ainsi une marinade de 24 heures au réfrigérateur. Elle prépare aussi séparément les petits oignons, les lardons et les champignons avant de les réunir avec la viande.

La recette ci-dessous suit un déroulé plus simple : les lardons et les oignons reviennent d’abord, la viande est colorée, puis l’ensemble mijote avec les carottes et les aromates. Les champignons rejoignent la cocotte en fin de cuisson. Il n’est pas nécessaire d’ajouter une marinade à cette méthode.

Quelle viande et quel vin choisir pour le bœuf bourguignon ?

Du paleron pour une cuisson longue

Pour six personnes, comptez 1,5 kg de paleron. Chez le boucher, précisez que vous préparez un bourguignon en cocotte avec plusieurs heures de mijotage. Faites découper la viande en morceaux réguliers de 3 à 4 cm, ou préparez-les vous-même à la maison.

La taille homogène des morceaux facilite le suivi de la cuisson. L’origine et la race peuvent orienter l’achat, mais elles ne remplacent pas le choix de la pièce : la mention « charolais » ne dit pas, à elle seule, quelle partie du bœuf vous allez cuisiner.

Un vin de cuisson distinct de la bouteille du repas

Un vin rouge de Bourgogne garde le fil régional de la préparation. Demandez une bouteille destinée à une sauce mijotée, en précisant votre budget. Un premier cru n’est pas nécessaire pour cuisiner cette recette.

Prévoyez 75 cl de vin et jusqu’à 50 cl de bouillon peu salé. Ce dernier se verse progressivement : sa quantité dépend de la forme et de la taille de la cocotte. Le liquide doit arriver à hauteur de la viande, sans remplir inutilement le récipient.

La recette du bœuf bourguignon en cocotte

La recette en bref

  • Pour 6 personnes.
  • Préparation indicative : 40 minutes.
  • Cuisson indicative : 3 h 50, dont environ 20 minutes pour faire revenir et colorer les ingrédients, puis 3 h 30 de mijotage.
  • Temps total indicatif : 4 h 30, à prolonger si la viande reste ferme.
  • Matériel : une grande cocotte à fond épais avec couvercle, une poêle, une planche, un couteau et une écumoire.
  • Marinade : aucune dans cette version.
  • Préparation possible la veille, avec refroidissement et conservation au réfrigérateur.
Morceaux de bœuf, carottes, oignons, champignons, lardons, vin rouge et aromates préparés pour un bourguignon
Les principaux ingrédients réunis avant la cuisson.

Les ingrédients pour six personnes

  • 1,5 kg de paleron de bœuf, coupé en morceaux de 3 à 4 cm.
  • 200 g de lardons ou de poitrine demi-sel détaillée en lardons.
  • 4 carottes moyennes.
  • 10 petits oignons grelots.
  • 250 g de champignons de Paris.
  • 2 gousses d’ail.
  • 75 cl de vin rouge de Bourgogne.
  • Jusqu’à 50 cl de bouillon de bœuf peu salé.
  • 2 cuillères à soupe rases de farine.
  • 30 g de beurre.
  • 1 cuillère à soupe d’huile.
  • 1 bouquet garni composé de thym, de laurier et de quelques tiges de persil.
  • Sel et poivre.

Gardez un peu d’eau chaude à disposition pour ajuster le liquide pendant la cuisson. Les lardons et le bouillon apportent déjà du sel : assaisonnez légèrement au départ, puis rectifiez à la fin.

1. Préparer la viande et les garnitures

Épongez soigneusement les morceaux de bœuf avec du papier absorbant. Épluchez les carottes et coupez-les en rondelles épaisses. Pelez les petits oignons. Épluchez et écrasez légèrement les gousses d’ail. Nettoyez les champignons, retirez leur pied terreux et coupez-les en quartiers s’ils sont gros. Réservez-les pour la fin de cuisson.

2. Faire revenir les lardons et les oignons

Faites chauffer l’huile et 20 g de beurre dans la cocotte. Ajoutez les lardons et les petits oignons. Faites-les revenir à feu moyen jusqu’à ce qu’ils prennent une légère couleur, puis retirez-les avec une écumoire. Réservez-les en conservant la matière grasse dans la cocotte.

3. Colorer la viande et ajouter la farine

Faites dorer le bœuf en plusieurs fournées, en laissant de l’espace entre les morceaux. Réservez chaque fournée avant de saisir la suivante. La viande doit colorer, et non cuire dans une grande quantité de jus.

Remettez tous les morceaux dans la cocotte. Saupoudrez de farine et mélangez pendant une à deux minutes à feu modéré, sans laisser brûler. Ce geste, appelé « singer », prépare la liaison de la sauce.

4. Verser le vin et démarrer le mijotage

Versez progressivement le vin en remuant et en décollant les sucs avec une cuillère en bois. Ajoutez les carottes, l’ail, le bouquet garni, les lardons et les oignons réservés. Complétez progressivement avec le bouillon pour amener le liquide à hauteur de la viande.

Poivrez et salez légèrement. Portez à frémissement, couvrez, puis baissez le feu pour maintenir de petits bouillons réguliers. La préparation ne doit pas bouillir fortement.

5. Laisser mijoter, puis ajouter les champignons

Laissez cuire environ trois heures à couvert. Vérifiez régulièrement que le fond n’attache pas et que le liquide reste suffisant. S’il réduit trop vite, baissez le feu et ajoutez un peu d’eau chaude.

Vers la fin de cette période, faites revenir les champignons dans une poêle avec les 10 g de beurre restants. Lorsqu’ils ont rendu leur eau et commencent à colorer, ajoutez-les dans la cocotte. Poursuivez le mijotage environ trente minutes.

6. Contrôler la viande et terminer la sauce

Prélevez un morceau et essayez de le séparer à la fourchette. S’il résiste encore nettement, poursuivez la cuisson à couvert, à feu doux, avec suffisamment de liquide. La tendreté, et non la seule durée écoulée, indique que la viande est prête.

Retirez le bouquet garni. Goûtez et ajustez l’assaisonnement. La sauce doit napper légèrement la cuillère tout en restant assez souple pour accompagner les pommes de terre ou les pâtes.

Comparaison entre des morceaux de bœuf en cours de coloration et un bourguignon après mijotage
La coloration précède l’ajout du vin. Après le mijotage, la viande doit pouvoir se séparer facilement à la fourchette.

Trois ajustements avant de servir

  • Viande encore ferme : poursuivez le mijotage à couvert et vérifiez le niveau de liquide. Augmenter fortement le feu ne remplace pas le temps nécessaire.
  • Sauce trop liquide : lorsque la viande est tendre, retirez-la avec les garnitures. Faites réduire la sauce à découvert en surveillant, puis remettez le tout à chauffer doucement.
  • Sauce trop épaisse : ajoutez progressivement un peu d’eau chaude, mélangez et goûtez de nouveau. Ne versez pas de farine directement dans la sauce terminée.

Quels accompagnements et quels vins servir avec le bœuf bourguignon ?

Bœuf bourguignon servi avec des pommes de terre, une cocotte à partager et des verres de vin rouge
Pommes de terre et vin rouge accompagnent simplement la cocotte.

Pommes de terre, tagliatelles ou purée

Les pommes de terre vapeur accueillent la sauce sans ajouter une autre préparation complexe. Les tagliatelles se cuisent au dernier moment, pendant que l’on termine la cocotte. Une purée convient aussi pour une assiette plus enveloppante.

Pour changer, la recette attribuée à Bernard Loiseau propose un gratin de macaronis. Une idée pour un repas généreux, plutôt qu’un accompagnement imposé à chaque bourguignon.

Un Mercurey rouge pour accompagner la viande en sauce

Le vin de Mercurey rouge constitue une première piste. Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne le recommande notamment avec le bœuf et les viandes braisées ou en sauce. L’accord garde ainsi une cohérence avec la préparation et son territoire.

Précisez au caviste que vous servirez un bourguignon et indiquez votre budget. Le style et l’évolution de la bouteille comptent : le nom de l’appellation ne suffit pas à décrire chaque vin.

Un Givry rouge pour une autre proposition de Côte chalonnaise

Un Givry rouge peut offrir une seconde option pour accompagner ce repas. L’appellation figure aussi parmi les vins associés aux viandes braisées. Choisissez la bouteille en fonction de la sauce et de vos goûts, sans faire du premier cru une obligation.

La découverte du Givry rouge et de ses premiers crus permet également de replacer ce vin dans son vignoble. Comme Mercurey, il appartient à la Côte chalonnaise, à découvrir depuis Chalon-sur-Saône. Le repas peut ainsi donner une idée pour une prochaine escapade entre villages et coteaux.

Préparer le bœuf bourguignon la veille et le réchauffer

Anticiper la cuisson libère du temps le jour du déjeuner. Terminez d’abord le mijotage et vérifiez la tendreté : le réchauffage du lendemain ne doit pas servir à rattraper une viande dont la cuisson serait restée inachevée.

Refroidir et conserver au réfrigérateur

L’Anses recommande de ne pas laisser un plat cuisiné plus de deux heures à température ambiante avant sa consommation ou sa réfrigération. Répartissez le bourguignon dans plusieurs récipients peu profonds pour faciliter son refroidissement, plutôt que d’attendre que toute la cocotte refroidisse sur le plan de travail.

Conservez-le dans des récipients propres et fermés, dans la zone du réfrigérateur maintenue à 4 °C au maximum. Consommez-le dans les trois jours suivant sa préparation. Ne laissez pas la cocotte toute une nuit hors du réfrigérateur.

Réchauffer jusqu’au cœur des morceaux

Remettez seulement la quantité nécessaire dans une cocotte. Ajoutez un peu d’eau si la sauce s’est épaissie, couvrez et réchauffez en remuant délicatement. Selon l’Anses, le réchauffage doit se poursuivre dans un récipient couvert jusqu’à ce que de la vapeur s’en échappe. Vérifiez aussi que la viande est bien chaude au centre.

La durée dépend de la quantité, du récipient et de la température de départ. Prévoyez une marge avant de cuire les pâtes ou de servir les pommes de terre. Il ne restera alors qu’à apporter la cocotte et à profiter du déjeuner avec les convives.

Publications similaires