La Voie Bleue à vélo le long de la Saône : idées de week-ends faciles entre Haute-Saône, Bourgogne et Val de Saône
Vous avez entendu parler de la Voie Bleue, cette véloroute de près de 700 km entre le Luxembourg et Lyon, mais vous ne vous voyez pas traverser la France entière à vélo ? La bonne nouvelle, c’est qu’une large partie de l’itinéraire suit la Saône au plus près, entre Corre et la confluence lyonnaise. C’est cette portion-là que l’on va explorer ici : celle où l’on roule au bord de la rivière, où l’on traverse des ports de plaisance comme Saint-Jean-de-Losne, où l’on s’arrête dans les villages de Haute-Saône ou sur les quais de Chalon, Tournus et Mâcon avant de descendre vers le Val de Saône.
L’idée n’est pas de détailler chaque kilomètre de la V50, mais de vous donner des idées de week-ends concrets au fil de la Saône : deux jours entre Corre et Ray-sur-Saône pour sentir la rivière prendre de l’ampleur, quelques étapes en Bourgogne du Sud entre Chalon, Tournus et Mâcon, ou une échappée plus au sud entre Val de Saône et Lyon. Partout, le principe reste le même : des étapes plutôt plates, des tronçons bien balisés, des gares qui permettent d’arriver en TER avec son vélo, et surtout des haltes où l’on pose le guidon pour profiter d’une terrasse, d’une maison éclusière ou d’une ferme à quelques kilomètres de la berge.
O2 Saône vous invite à parcourir la Voie Bleue sur ce qu’elle a de plus agréable le long de la Saône : des tronçons faciles, des départs simples en train et des étapes où l’on a vraiment envie de s’arrêter, de manger, de dormir et de regarder passer la rivière.
Comprendre la Voie Bleue le long de la Saône
Officiellement, La Voie Bleue – Moselle Saône à vélo est une grande véloroute de près de 700 km reliant le Luxembourg à Lyon, en suivant successivement la Moselle, le canal des Vosges puis la Saône. C’est sur cette dernière portion qu’elle devient vraiment une compagne de week-ends : entre Corre et la confluence lyonnaise, l’itinéraire longe la Saône sur environ 360 km, entre chemins de halage, voies vertes et petites routes où le trafic reste modéré. La rivière est presque toujours là, à portée de regard, ce qui donne au voyage un rythme très doux.
Sur cette portion, le profil est plutôt indulgent : peu de relief, quelques côtes courtes pour changer de rive ou rejoindre un village perché, mais rien qui nécessite un entraînement de sportif. Ce qui fait la différence, ce sont les distances que l’on choisit et les haltes que l’on prévoit. En visant 40 à 60 km par jour, on laisse de la place aux détours, aux marchés, aux visites et aux pauses en terrasse.
Voie Bleue & Saône : les bases en deux minutes
- La Saône : environ 473 km entre sa source vosgienne et sa confluence avec le Rhône.
- Voie Bleue sur la Saône : un tronçon d’environ 360 km entre Corre et Lyon, avec de longues sections continues au bord de l’eau.
- Profil : très peu de dénivelé, idéal pour un premier voyage à vélo ou des week-ends “balade”.
- Distances conseillées : viser 40 à 60 km par jour laisse du temps pour les pauses, les villages et les marchés.
- Accès train : gares de Vesoul, Gray, Chalon, Tournus, Mâcon, Villefranche, Lyon, pratiques pour monter ou descendre l’itinéraire par morceaux.
Avec ces repères en tête, on peut passer à l’essentiel : imaginer des week-ends concrets, secteur par secteur, en commençant par les premiers grands méandres en Haute-Saône.
Week-end en Haute-Saône : premiers méandres entre Corre et Ray-sur-Saône
Si vous avez envie de découvrir la Voie Bleue là où la Saône commence à prendre de l’ampleur, la Haute-Saône est un très bon point de départ. Entre Corre, Port-sur-Saône et Ray-sur-Saône, la rivière reste encore très nature : on croise plus de péniches et de pêcheurs que de voitures, et l’on roule souvent au ras de l’eau, sur d’anciens chemins de halage ou de petites routes calmes.
Sur un week-end, le format le plus simple consiste à poser votre sac près de Corre ou de Port-sur-Saône, puis à suivre la Voie Bleue en direction de Ray-sur-Saône. La première journée permet de se mettre en jambes en longeant la rivière vers Port-sur-Saône, avec ses quais, son port de plaisance et ses terrasses. Le lendemain, l’itinéraire devient un peu plus vallonné au moment de rejoindre Ray-sur-Saône, mais l’effort est vite récompensé : le village et son château offrent une vue impressionnante sur les méandres de la Saône.
En pratique, comptez autour de 35 à 45 km de vélo par jour pour ce week-end en Haute-Saône. Cela laisse largement le temps de faire des pauses au bord de l’eau, de s’arrêter dans un café de village ou de monter tranquillement au château de Ray-sur-Saône pour profiter du panorama.
Pour ceux qui veulent prolonger ce premier week-end, la suite logique se fait en descendant encore le fleuve vers Gray puis Saint-Jean-de-Losne, grande escale fluviale où l’on passe facilement une journée entre port de plaisance, musée de la batellerie et promenades au bord de l’eau. Nous y consacrons un article à part entière : « Saint-Jean-de-Losne : escapade fluviale en Saône ».
Week-end en Bourgogne du Sud : halage entre Chalon, Tournus et Mâcon
Plus au sud, la Voie Bleue accompagne une Saône déjà large et très paisible entre Chalon-sur-Saône, Tournus et Mâcon. Ici, le paysage alterne entre ports de plaisance, villages de rive, îles boisées et vues sur les coteaux du Mâconnais. Le terrain est presque entièrement plat, ce qui en fait un secteur idéal pour un premier week-end à vélo ou pour rouler en famille en prenant son temps.
Un format classique consiste à arriver en train à Chalon-sur-Saône, à prendre le temps de flâner dans le centre historique et sur les quais, puis à suivre la Saône vers le sud en direction de Tournus. La journée se passe au rythme du halage : longues lignes droites au bord de l’eau, quelques villages pour se ravitailler, des bancs pour s’arrêter regarder passer les bateaux. Tournus, avec son abbaye et ses ruelles anciennes, est une très belle étape pour la nuit, que l’on soit plutôt chambre d’hôtes, hôtel simple ou table plus gourmande.
Le lendemain, la voie verte de halage entre Tournus et Mâcon offre l’un des tronçons les plus faciles et les plus lisibles de la Voie Bleue sur la Saône. On roule quasiment tout le temps au ras de la rivière, sans se préoccuper de la circulation, avec des accès réguliers à l’eau, des petits ports et des aires de pique-nique. Mâcon marque la fin naturelle de ce week-end : façades colorées sur les quais, pont Saint-Laurent, terrasses avec vue sur la Saône et, pour ceux qui rentrent en train, une gare toute proche.
Entre Chalon, Tournus et Mâcon, les étapes tournent autour de 40 à 50 km par jour, quasiment sans dénivelé. C’est un bon compromis pour ceux qui veulent prendre le temps de visiter une abbaye, de faire un tour au marché ou de s’attarder à la terrasse d’un café sans regarder la montre.
Pour prolonger ce séjour, il est très simple de consacrer une journée de plus aux terres toutes proches : la Bresse et ses fermes traditionnelles. Depuis Mâcon ou Tournus, quelques kilomètres suffisent pour rejoindre le bocage bressan, ses étables basses et ses tables de terroir. Nous proposons d’ailleurs une idée complète d’escapade sur ce thème dans notre article : « Fermes bressanes : une escapade entre patrimoine vivant et tables de terroir depuis les bords de Saône ».
Week-end en Val de Saône : de Trévoux à Lyon à vélo
Aux portes de la métropole lyonnaise, la Voie Bleue change encore de visage. Entre Trévoux, Neuville-sur-Saône et Lyon, elle devient presque une extension des promenades du week-end pour tous ceux qui vivent le long de la rivière. Le décor est moins sauvage qu’en Haute-Saône, moins ouvert qu’en Bourgogne, mais l’ambiance est très agréable : guinguettes, quais animés, péniches d’habitation, vues sur les Monts d’Or, et une vraie sensation de “venir en ville par la rivière”.
Pour un week-end simple, sans train ni gros bagage, on peut partir de Lyon ou de ses environs et remonter la Saône jusqu’à Trévoux. Le trajet suit les aménagements cyclables de la vallée : d’abord les quais urbains, puis les berges plus calmes de Fontaines-sur-Saône, Rochetaillée-sur-Saône et Neuville-sur-Saône, avant de rejoindre le chemin de halage vers Trévoux. On arrive là dans un bourg perché au-dessus de la rivière, avec château, ruelles et beaux points de vue sur le Val de Saône.
Le lendemain, il suffit de faire le chemin en sens inverse pour revenir vers la confluence. Selon l’énergie et l’envie, on peut multiplier les pauses : café ou glace à Neuville, halte au bord de l’eau à Rochetaillée, balade sur les quais avant d’entrer dans Lyon. Ce tronçon est parfait pour “tester” la Voie Bleue sur un week-end sans logistique complexe, avant de se lancer plus au nord en Bourgogne ou en Haute-Saône.
Entre Trévoux et Lyon, il faut compter une trentaine de kilomètres, que l’on peut étaler sur une journée entière si l’on multiplie les arrêts, ou parcourir plus vite pour profiter davantage des quais en arrivant en ville. Cela en fait un terrain d’essai idéal pour un premier week-end sur la Voie Bleue.
Ce secteur fait aussi écho à d’autres façons de vivre la Saône que nous racontons déjà sur O2 Saône : partir en bateau, par exemple, entre Corre et Lyon, ou s’arrêter dans une ancienne maison éclusière devenue lieu de vie. Si cette idée vous séduit, vous trouverez un autre regard sur ce même fil d’eau dans notre article « Voyager le long des écluses de la Saône ».
Infos pratiques pour préparer vos week-ends sur la Voie Bleue
Une fois l’envie là, il reste quelques questions très concrètes : avec quel vélo partir, combien de kilomètres viser par jour, comment gérer les trains, et quelle est la meilleure saison pour profiter de la Saône. L’idée n’est pas d’en faire un manuel technique, mais de vous donner quelques repères pour transformer une envie en week-end réel, sans mauvaise surprise.
Quel type de vélo et quel niveau ?
- Vélo : un VTC ou un VAE est parfait pour la Voie Bleue sur la Saône. Un vélo de route passe aussi, à condition d’accepter quelques portions de gravillons ou de stabilisé.
- Niveau : les week-ends décrits ici s’adressent à des personnes qui roulent déjà un peu, mais pas forcément des sportifs. En visant 40 à 60 km par jour, on garde de la marge pour les pauses et les détours.
- Enfants : les tronçons en halage (par exemple Tournus–Mâcon, ou une bonne partie de Trévoux–Neuville) sont les plus adaptés, à condition de rester vigilants aux intersections.
Trains et accès aux différents secteurs
- Haute-Saône : accès via les gares de Vesoul ou de Port-sur-Saône, puis quelques kilomètres pour rejoindre l’itinéraire.
- Bourgogne du Sud : gares de Chalon-sur-Saône, Tournus et Mâcon, bien desservies depuis Lyon et Dijon.
- Val de Saône & Lyon : gares de Villefranche-sur-Saône et de Lyon, mais aussi possibilité de partir directement de chez soi si l’on habite près de la rivière.
Côté saison, la Voie Bleue sur la Saône se prête très bien aux week-ends de mai à octobre. Le printemps et le début d’été offrent des journées longues, des couleurs encore fraîches et des températures douces ; l’arrière-saison, surtout en Bourgogne, peut être magnifique avec les vignes qui virent au doré et une lumière plus rasante sur la rivière. L’hiver est possible sur de courts tronçons, mais la plupart des haltes et des terrasses tournent alors au ralenti.
Autres façons de vivre la Saône avant ou après la Voie Bleue
Ces week-ends à vélo ne sont qu’une manière parmi d’autres de suivre la Saône. Le fil conducteur reste le même : prendre le temps de la rivière, passer d’un village à l’autre, regarder la lumière changer au fil de la journée. Mais selon le moment de votre vie ou les personnes avec qui vous partez, d’autres expériences peuvent mieux convenir – ou compléter votre découverte à vélo.
On peut par exemple remonter aux toutes premières traces de la Saône en allant voir sa source dans les Vosges, du côté de Vioménil, pour comprendre d’où vient cette rivière qui accompagne ensuite la Voie Bleue sur une si longue distance. C’est un décor plus forestier, plus intime, que nous racontons dans l’article « Vioménil : visiter la source de la Saône ». À l’autre extrémité, aux portes de la confluence lyonnaise, on peut aussi choisir de revenir sans vélo : en bateau, en voiture ou en train, en s’arrêtant dans les villages qui auront marqué votre itinéraire.
Au fond, la Voie Bleue est surtout un bon prétexte pour découper la Saône en morceaux de week-end, plutôt que de la traverser sans la voir. Reste à choisir par où commencer : les premiers méandres de Haute-Saône, la Grande Saône bourguignonne ou le Val de Saône aux portes de Lyon.

