Vins de Haute-Saône : Explorez le vignoble de Haute-Saône entre Charcenne, Gy et Champlitte

Vignobles de Haute-Saône : de Gy à Champlitte, des vignes à redécouvrir

Le vignoble de Haute-Saône ne se découvre pas comme une grande route des vins continue. Entre Charcenne, les Monts de Gy, Hugier et Champlitte, il se lit plutôt par étapes, au fil des villages, des coteaux, des caves et des chemins qui s’écartent doucement de la vallée de la Saône.

Cette escapade convient particulièrement au slow-touriste curieux de paysages et à l’urbain épicurien qui cherche une journée mêlant marche légère, patrimoine et dégustation. On vient ici moins pour enchaîner les domaines que pour comprendre comment la vigne continue de vivre dans un territoire rural, discret et profondément attaché à ses savoir-faire.

À l’ouest du département, autour de Gray, les vignes n’occupent plus l’espace comme elles le faisaient autrefois. Mais elles n’ont pas disparu : elles se retrouvent autour de quelques domaines, dans les coteaux de Gy, à Charcenne, à Hugier et surtout du côté de Champlitte, où le paysage viticole accompagne encore la découverte du village.

À faire sur une journée

  • Où : entre Gray, Charcenne, Bucey-lès-Gy, Hugier et Champlitte.
  • Quoi : repérer les vignobles, marcher sur les coteaux, visiter un domaine et terminer par une dégustation.
  • Durée : une journée complète, ou un week-end si vous ajoutez Gray et Champlitte.
  • Pour qui : couples, amis, amateurs de terroirs, lecteurs qui aiment les escapades calmes plutôt que les routes des vins très fréquentées.
  • Budget indicatif : modéré, avec une sortie possible même sans multiplier les dégustations.

Où se trouve le vignoble de Haute-Saône ?

Le vignoble de Haute-Saône se concentre principalement dans l’ouest du département, entre Charcenne, les Monts de Gy, Bucey-lès-Gy, Hugier et Champlitte, à proximité de Gray et de la vallée de la Saône. Cette géographie compose un parcours par étapes : une route de campagne, un sentier de coteau, un village, puis une cave ou un domaine à rejoindre sur réservation ou selon les horaires d’accueil.

Cette dispersion fait aussi le charme du secteur. On ne traverse pas ici un vignoble spectaculaire et continu, mais une suite de lieux où la vigne revient par touches, entre pelouses sèches, lisières boisées, murets, cabordes et villages de pierre claire.

Depuis Gray, plusieurs portes d’entrée sont possibles. Charcenne permet d’aborder le travail du plant et des pépinières, les Monts de Gy offrent une approche plus paysagère et marchée, Hugier donne à voir un vignoble artisanal, tandis que Champlitte rassemble le plus naturellement patrimoine, coteaux et dégustation.

Carte des vignobles de Haute-Saône entre Charcenne, Gy, Bucey-lès-Gy, Hugier et Champlitte
De Gray à Champlitte, les vignes se découvrent par étapes entre Charcenne, les Monts de Gy, Bucey-lès-Gy et Hugier.

Les vins du secteur sont principalement commercialisés sous l’IGP Franche-Comté. Selon les cuvées et les secteurs, l’étiquette peut aussi faire référence à des dénominations géographiques telles que Gy ou les Coteaux de Champlitte.

Pourquoi la vigne compte encore en Haute-Saône

La vigne a longtemps occupé une place bien plus large dans le paysage haut-saônois. Au XIXe siècle, elle couvrait des milliers d’hectares, avant de reculer fortement sous l’effet des crises sanitaires, des conditions climatiques et de la transformation des usages agricoles.

Aujourd’hui, ce recul n’efface pas la mémoire viticole du territoire. Il la rend plus lisible autrement : dans les fêtes de village, dans les parcelles conservées ou replantées, dans les caves, dans les cabordes de pierre sèche et dans quelques domaines qui maintiennent une production vivante.

Vieille souche de vigne dans un vignoble de Haute-Saône
Une vigne ancienne rappelle la longue histoire viticole des villages de Haute-Saône.

Quelques repères

  • 1827 : 12 750 hectares de vigne en Haute-Saône.
  • 1892 : 7 870 hectares.
  • 1952 : 2 000 hectares.
  • 2024 : 86 hectares de vigne en production.

Plutôt qu’un grand retour quantitatif, la Haute-Saône montre aujourd’hui une forme de survivance active. Le vignoble y subsiste à une autre échelle, plus modeste, plus éclatée, mais encore bien réelle dans l’économie locale et dans l’identité de certains villages.

C’est ce changement d’échelle qui rend la visite intéressante. On ne vient pas chercher ici une appellation monumentale, mais un territoire où le vin reste lié à des gestes, à des familles, à des villages et à des sorties concrètes depuis la Saône.

Charcenne, là où la vigne se plante avant de se boire

À Charcenne, la découverte du vignoble haut-saônois prend une tournure très particulière. Le village est associé au Vignoble Guillaume, domaine familial connu à la fois pour ses vins et pour son activité de pépinière viticole, qui donne une profondeur rare à la visite.

Ici, la vigne ne se résume pas à la bouteille. Elle commence dans le plant, dans le travail du greffage, dans la préparation des jeunes ceps qui partiront ensuite vers d’autres vignobles. C’est une manière très concrète de comprendre comment Charcenne a conservé un rôle viticole singulier.

Le domaine cultive aujourd’hui plusieurs hectares de vignes et accueille les visiteurs sur réservation. Les blancs, les rouges et les cuvées effervescentes permettent de prolonger la visite par une dégustation, mais l’intérêt du lieu tient surtout à cette articulation entre production, histoire familiale et travail du végétal.

À Charcenne, la visite ne s’arrête pas à la dégustation. Le travail du plant et du greffage donne une autre profondeur au lieu : il raconte comment la vigne a été reconstituée après le phylloxéra et pourquoi ce village conserve une place singulière dans l’histoire viticole de la Haute-Saône.

Greffage d’un jeune plant de vigne dans une pépinière viticole à Charcenne
À Charcenne, le vin commence bien avant les vendanges, dans le travail patient des plants et du greffage.

Autour de Gy, marcher avant de déguster

Les Monts de Gy offrent sans doute l’approche la plus douce du vignoble de Haute-Saône. Ici, la découverte passe autant par les chemins que par les caves : sentiers, lisières, pelouses sèches, vues ouvertes sur les coteaux et petites routes qui relient les villages.

À Bucey-lès-Gy, le vignoble Vincent Cheviet donne une traduction très concrète de cette ambiance. Le domaine produit des vins tranquilles et des effervescents, dans un cadre qui se prête bien à une halte après une promenade, à condition de préparer un peu sa visite.

Dans les coteaux de Bucey-lès-Gy, Charcenne et Champlitte, on aperçoit aussi des cabordes, ces petites cabanes de pierre sèche qui rappellent combien la vigne faisait autrefois partie du quotidien. Ce détail patrimonial compte beaucoup : il donne au paysage une densité que l’on ne perçoit pas toujours depuis la route.

Pourquoi passer par les Monts de Gy

  • Pour le paysage : collines douces, vignes, boisements et pelouses sèches.
  • Pour le rythme : on alterne marche, route de campagne et arrêt dans un domaine.
  • Pour la dégustation : les cuvées effervescentes et les vins tranquilles prolongent naturellement la balade.

Cette partie du territoire parle particulièrement bien au slow-touriste. Elle ne promet pas une accumulation de caves, mais un enchaînement plus apaisé, entre mouvement lent, curiosité patrimoniale et plaisir de goûter quelque chose d’attaché au lieu.

Hugier, le visage plus confidentiel du vignoble

Hugier représente une autre échelle encore : celle d’un petit domaine biologique, plus discret, où l’on vient pour la simplicité du lieu et pour une production artisanale. C’est une halte qui parle bien aux lecteurs qui préfèrent les adresses sobres aux circuits très balisés.

Les Coteaux d’Hugier montrent aussi qu’en Haute-Saône la vigne reste une affaire de ténacité. Les volumes ne sont pas ceux des grandes régions viticoles, mais la présence d’un domaine bio, de plusieurs cépages et d’une vente à la ferme suffit à donner au secteur une vraie cohérence.

Dans un itinéraire de journée, Hugier fonctionne bien comme un détour plus calme, presque à l’écart. On y gagne en sensation d’exploration ce que l’on perd en densité d’offre, ce qui correspond assez bien à l’identité générale du vignoble haut-saônois.

Champlitte, la vigne entre village et coteaux

Champlitte est probablement la porte d’entrée la plus évidente pour qui veut relier le vin à une vraie visite de village. Le bourg, ses pierres claires, ses coteaux et son histoire viticole composent une halte plus complète, où l’on peut marcher, regarder, visiter et goûter dans un même mouvement.

Chemin bordé de vignes près du village de Champlitte en Haute-Saône
À Champlitte, les chemins de vigne ouvrent sur le village et les collines boisées.

Le paysage ne cherche pas à impressionner par la grandeur. Il séduit par son échelle humaine : des rangs de vigne, un chemin, un muret, une église, quelques maisons groupées dans la lumière de fin d’après-midi. Pour O2 Saône, c’est un décor idéal, parce qu’il raconte une expérience faisable et non une carte postale inaccessible.

Le Domaine de la Pâturie et le Domaine Henriot prolongent cette lecture du lieu. Tous deux rappellent que Champlitte n’est pas seulement un souvenir de vignoble, mais aussi un espace de production toujours vivant, avec des dégustations et des visites à prévoir en amont.

Si vous ne devez retenir qu’une image du vignoble de Haute-Saône, c’est peut-être celle-ci : un village que l’on rejoint par les vignes, avec la sensation que le vin fait encore partie du paysage, sans en prendre toute la place.

Quels domaines retenir pour une première découverte ?

Pour un premier itinéraire, le plus simple est de choisir les haltes en fonction de votre envie du jour : comprendre le métier, marcher dans les coteaux, chercher un domaine bio ou associer vin et patrimoine de village.

Lieu Pour quoi y aller ? À associer
Charcenne Comprendre le lien entre pépinière, greffage et vin. Une visite du Vignoble Guillaume sur réservation.
Bucey-lès-Gy Marcher dans les Monts de Gy et goûter des vins tranquilles ou effervescents. Le sentier des Pelouses et une dégustation prévue à l’avance.
Hugier Découvrir un petit domaine biologique et une production artisanale. Une halte le samedi matin, selon les conditions d’accueil du domaine.
Champlitte Mêler patrimoine de village, coteaux et dégustation. Le château, les rues du bourg et un rendez-vous dans un domaine.

Une journée entre Gy et Champlitte

Pour une première approche, il est tout à fait possible de construire une journée fluide sans chercher à tout voir. Le plus agréable consiste à partir de Gray, à rejoindre d’abord Charcenne ou Bucey-lès-Gy, à marcher un peu dans les coteaux, puis à poursuivre vers Champlitte pour terminer par une visite de village et une dégustation.

Cette progression fonctionne bien parce qu’elle respecte le rythme naturel du territoire. Le matin, on privilégie la route et la marche ; l’après-midi, on prend davantage le temps de s’attarder dans un caveau, sur une terrasse ou dans les rues d’un bourg viticole.

Un déroulé simple à envisager

  • Matin : départ de Gray, passage par Charcenne ou Bucey-lès-Gy, courte marche ou premier arrêt dans un domaine.
  • Déjeuner : dans le secteur de Gy ou sur la route de Champlitte, selon votre boucle.
  • Après-midi : Champlitte, promenade dans le village, temps patrimonial, puis dégustation sur rendez-vous ou selon les modalités d’accueil du domaine choisi.
  • Fin de journée : retour par les petites routes de campagne, avec une lumière souvent très belle sur les coteaux.

Ce n’est pas une route des vins à cocher étape après étape. C’est plutôt une journée de respiration, pensée pour celles et ceux qui aiment repartir avec une meilleure lecture d’un territoire, et pas seulement avec quelques bouteilles.

Pourquoi cet itinéraire change des grandes routes des vins

Le vignoble de Haute-Saône ne joue pas sur la puissance d’image, ni sur l’accumulation de domaines ouverts en continu. Il propose autre chose : un rapport plus direct au paysage, à l’échelle des villages et à des gestes agricoles ou viticoles encore visibles.

C’est précisément ce qui peut plaire à certains lecteurs. L’urbain épicurien y trouve une sortie plus calme, plus légère et moins codifiée qu’en Bourgogne viticole dense. Le slow-touriste y trouve, lui, une cohérence sensible entre marche, patrimoine, campagne et dégustation.

En remontant la vallée de la Saône, la Haute-Saône offre ainsi une autre idée du vignoble. Moins spectaculaire, sans doute, mais plus confidentielle, plus rurale et souvent plus surprenante qu’on ne l’imagine depuis la rivière.

Infos pratiques

  • Point de départ conseillé : Gray, pour rayonner vers Charcenne, Gy, Bucey-lès-Gy, Hugier et Champlitte.
  • Durée conseillée : une journée pour une première boucle ; deux jours si vous ajoutez Gray et davantage de temps à Champlitte.
  • Période idéale : de la fin du printemps au début de l’automne, avec une belle lumière sur les coteaux en septembre et octobre.
  • Accès : voiture recommandée pour relier facilement les différents secteurs ; marche possible sur place autour des coteaux et des sentiers balisés.
  • Réservation : préférable pour les visites et dégustations dans plusieurs domaines.
  • À prévoir : chaussures confortables, eau, et un programme souple plutôt qu’un planning serré.

FAQ sur le vignoble de Haute-Saône

Peut-on visiter le vignoble de Haute-Saône en une journée ?

Oui, à condition de ne pas chercher à tout faire. Une boucle entre Gray, Charcenne ou Bucey-lès-Gy, puis Champlitte, permet déjà de comprendre le territoire et de prévoir une dégustation.

Quels sont les secteurs les plus intéressants pour une première visite ?

Charcenne pour le travail de la pépinière et du greffage, les Monts de Gy pour le paysage et la marche, Champlitte pour l’alliance la plus naturelle entre vigne, village et patrimoine.

Le vignoble de Haute-Saône est-il une vraie route des vins ?

Pas au sens des grandes routes viticoles continues. Il s’agit plutôt d’un ensemble de haltes viticoles dispersées, à parcourir comme une escapade rurale entre domaines, chemins et villages.

Quel est le meilleur moment pour y aller ?

La fin du printemps, l’été et surtout le début de l’automne offrent les conditions les plus agréables. Les paysages y gagnent en lumière, et la balade prend souvent autant d’importance que la dégustation.

Entre Charcenne, Gy, Hugier et Champlitte, le vignoble de Haute-Saône ne cherche pas à rivaliser avec les grandes signatures voisines. Il propose une lecture plus discrète du vin, où le territoire, les gestes et le temps passé sur place comptent autant que la dégustation elle-même.

Sources vérifiées : INAO, Agreste, Haute-Saône Tourisme, Département de la Haute-Saône, pages de domaines et organismes touristiques locaux consultés en octobre 2026.

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