Arc‑lès‑Gray : cette petite ville à un pont de la Saône à découvrir
La première fois, Arc‑lès‑Gray ressemble à beaucoup de petites villes de Haute‑Saône : quelques ronds‑points, des hangars, la silhouette d’une usine et, au loin, le ruban de la Saône qui file vers Gray. En prenant le temps de quitter la départementale, on découvre pourtant un tout autre décor : un grand parc en pente, des villas Belle Époque, un lavoir, une église discrète et des vues plongeantes sur la vallée.
Le nom lui‑même raconte cette position à part. « Arc » viendrait d’arcus, l’arche du pont qui reliait le village à la cité fluviale voisine, et le suffixe « lès‑Gray » signifie simplement « près de Gray ». Derrière la mention sur le panneau, il y a donc un vrai lieu de pont : une petite commune qui vit à l’ombre de Gray, mais qui a choisi de se construire un cœur jardin au-dessus de la rivière.
Autour, la vallée mêle champs, Saône et ateliers. L’usine John Deere, installée à Arc‑lès‑Gray, rappelle que le Val de Gray est l’un des pôles industriels agricoles de la région : les machines qui travaillent les prairies alentours sortent d’ici avant de filer vers toute l’Europe. Cette présence donne au bourg un rythme et une population bien à lui, qui contraste avec les villages purement résidentiels un peu plus loin sur le fleuve.
C’est justement cette combinaison – parc Lamugnière en balcon, petite ville active, Saône à quelques minutes de marche et Gray juste en face – qui en fait une halte intéressante lorsqu’on suit la rivière, qu’on prépare une boucle à vélo sur la Voie Bleue ou qu’on vient pour un concert ou une course dans le Val de Gray. Une escale suffisamment compacte pour tenir en une journée, mais assez dense pour mériter qu’on y revienne.
Arc‑lès‑Gray, petite ville de Haute‑Saône entre Saône, parc et usines
Coincée entre la vallée de la Saône et les grandes plaines agricoles, Arc‑lès‑Gray est une commune d’un peu plus de 2 000 habitants, accolée à Gray dont elle partage le code postal 70100. On la traverse en quelques minutes à peine, mais dès qu’on s’intéresse au tourisme à Arc‑lès‑Gray, on se rend compte qu’elle concentre beaucoup de choses pour « que faire à Arc‑lès‑Gray et autour ? » : écoles, commerces, zone d’activités, équipements sportifs… et une industrie qui dépasse largement le seul horizon local.
Son nom raconte déjà son ancrage : « Arc » renvoie à l’arc du pont, l’arche qui permet de franchir la Saône, et le suffixe « lès‑Gray » signifie « près de Gray ». On ne parle pas d’un village isolé, mais bien d’un bourg de pont, né dans l’orbite d’une cité fluviale voisine qui assurait longtemps le commerce des grains et des vins. Entre les deux, la rivière servait à la fois de frontière douce et de lien quotidien.
En grattant un peu, l’histoire prend forme. Le village est cité dès le Moyen Âge, se densifie au fil des siècles autour de son église, de son lavoir et de quelques maisons de notables. À la fin du XIXe siècle, une famille bourgeoise aménage au-dessus du bourg un vaste parc paysager et une villa, qui deviendront plus tard le parc Lamugnière et la villa que l’on connaît aujourd’hui. Ce geste – se tourner vers la hauteur et la verdure – va durablement façonner l’identité du lieu.
Au XXe siècle, la donne change avec l’arrivée de grandes entreprises, dont l’usine John Deere, spécialisée dans le matériel agricole. Arc‑lès‑Gray devient un des principaux pôles industriels du département, avec des ateliers qui sortent des machines destinées à travailler les prairies et champs de toute l’Europe. Ce mélange de ville‑jardin et de bourg industriel donne un paysage particulier : rues calmes, pavillons serrés, toits d’usine en fond de décor, camions qui passent et, quelques centaines de mètres plus bas, la Saône qui coule sans faire de bruit.
Pour un voyageur qui suit la rivière ou la Voie Bleue, c’est cette combinaison qui vaut le détour : on ne tombe pas ici sur une carte postale fluviale classique, mais sur une petite ville bien vivante, habitée par des Arcois et des Arcoises qui vivent au rythme des ateliers et des pelouses du parc. Une bonne base pour se poser, regarder comment la vallée fonctionne réellement, et prendre le temps d’aller voir ce qui se cache derrière les panneaux d’entrée d’agglomération.
Parc Lamugnière : le cœur jardin d’Arc‑lès‑Gray
Quand on remonte vers le haut du bourg, la ville change d’échelle. Derrière une grille discrète, le parc Lamugnière s’ouvre en pente douce, avec ses grandes pelouses, ses arbres centenaires et ses allées qui serpentent vers la lumière. On est encore à Arc‑lès‑Gray, mais l’ambiance est soudain celle d’un jardin Belle Époque, avec des points de vue sur les toits, la vallée et, par endroits, sur la silhouette de Gray en face.
Ce parc n’est pas un simple square municipal. À l’origine, c’est un jardin paysager privé de la fin du XIXe siècle, composé dans l’esprit pittoresque de l’époque : relief travaillé, bosquets, petits chemins qui tournent, grotte artificielle, bassin, statues, serre et jardin d’hiver. En devenant public, il a gardé cette structure, au point d’être aujourd’hui classé et de faire l’objet d’un plan de gestion attentif. On peut y passer une heure à simplement marcher, ou y revenir plusieurs fois dans la journée, au fil des lumières.
Sur les pelouses, familles et joggeurs partagent l’espace sans se gêner, tandis que les bancs alignés sous les grands arbres accueillent les déjeuners sur le pouce, les lecteurs et les promeneurs qui ont quitté la route principale « pour voir ». Les aires de jeux permettent de laisser les enfants se défouler, à distance des voitures, pendant que les adultes profitent de cette impression de ville‑jardin en balcon au‑dessus de la vallée.
Sur un côté du parc, une villa bourgeoise accueille désormais une antenne du FRAC : la Villa / FRAC / Collection. Quelques salles d’exposition, des œuvres contemporaines, des vernissages ponctuels : juste ce qu’il faut pour ajouter une dose de curiosité culturelle à la balade. On entre pour voir ce qui se trame derrière les volets de cette grande maison, on ressort dans le parc avec l’impression d’avoir traversé une autre couche du lieu.
Le plus agréable, ici, c’est la façon dont le parc dialogue avec la Saône sans la montrer en permanence. Par endroits, entre deux troncs ou au détour d’un belvédère, on devine le ruban clair de la rivière et les toits de Gray. Ce sont ces échappées qui donnent envie, ensuite, de quitter les allées pour aller voir de plus près la ville haute, les quais et, plus bas, les chemins de halage. Arc‑lès‑Gray devient alors un véritable balcon sur la vallée, et le parc Lamugnière, le point de départ naturel de toutes les explorations alentour.
Gray, la voisine à un pont : sortie complémentaire depuis Arc‑lès‑Gray
Depuis Arc‑lès‑Gray, il suffit de quelques minutes pour rejoindre le pont et basculer dans une autre ambiance. Gray, en face, joue le rôle de petite cité fluviale de caractère : une ville haute serrée autour de sa basilique, un château transformé en musée, des façades qui descendent jusqu’aux quais de Saône. C’est là que l’on ressent le plus nettement le lien entre la vallée et la rivière.
Un itinéraire simple consiste à partir d’Arc‑lès‑Gray à pied ou à vélo, traverser le pont, puis grimper vers la ville haute. Dans les ruelles, la basilique Notre‑Dame domine les toits, l’hôtel de ville affiche sa façade classique, et quelques maisons anciennes rappellent l’époque où Gray était un relais important sur la Saône. Du côté du château, le musée Baron Martin aligne ses salles d’art ancien et moderne, mais aussi un jardin en terrasse qui offre un beau point de vue sur la rivière et les toits de la ville.
En redescendant, on débouche rapidement sur les quais. Là, la Saône reprend sa place de personnage principal : large, calme, légèrement surélevée par les barrages en aval. Les façades colorées se reflètent dans l’eau, les terrasses de cafés et de restaurants s’alignent, et les bateaux de plaisance ou de promenade ponctuent le paysage. Pour qui loge à Arc‑lès‑Gray, c’est la promenade évidente en fin d’après‑midi, avant un dîner ou un verre face au fleuve.
Si l’envie vous prend de prolonger un peu la balade, les anciens chemins de halage permettent de marcher littéralement au ras de l’eau, en direction d’autres villages ou de petites plages discrètes. Ces anciens tracés, autrefois utilisés pour tirer les bateaux, sont devenus des rubans de promenade très doux. Pour mieux comprendre ce que représentent ces itinéraires à l’échelle de tout le fleuve, un détour par l’article sur ces anciens chemins de halage en bord de Saône permet de replacer cette portion Gray – Arc‑lès‑Gray dans un ensemble plus large.
Vélo facile au bord de la Saône : la Voie Bleue accessible depuis Arc‑lès‑Gray
Arc‑lès‑Gray est aussi une bonne base pour ceux qui aiment découvrir un territoire en pédalant, mais sans se lancer dans une expédition sportive. Entre Ray‑sur‑Saône et Gray, la Voie Bleue déroule un ruban quasi plat le long de la rivière, mêlant chemins de halage, petites routes calmes et traversées de villages. Depuis Arc‑lès‑Gray, rejoindre ces tronçons se fait en quelques coups de pédale.
Si vous arrivez sans vélo, la communauté de communes a mis en place une location de vélos et de vélos à assistance électrique, notamment via un service basé du côté de la « plage » de Gray. C’est pratique pour transformer une simple halte en petite itinérance, sans s’encombrer de matériel. Une fois équipés, il suffit de suivre les panneaux de la Voie Bleue le long de la Saône pour sortir rapidement des zones bâties.
Le tronçon entre Ray‑sur‑Saône et Gray est l’un des plus accessibles pour prendre la mesure de la vallée : fermes, hameaux, lisières boisées, vues sur les méandres de la rivière. En partant d’Arc‑lès‑Gray, on peut envisager un aller‑retour partiel sur 20 à 30 km dans la journée, avec des pauses régulières sur les bancs ou dans les petits villages. La quasi‑absence de dénivelé et la qualité des chemins rendent l’itinéraire compatible avec un public peu entraîné, surtout en VAE.
Pour ceux qui pensent déjà plus loin, la Voie Bleue ne s’arrête évidemment pas aux portes du Val de Gray. Elle file vers le nord comme vers le sud, avec d’autres haltes possibles en Bourgogne ou dans le Val de Saône. Un article dédié, la Voie Bleue à vélo le long de la Saône, détaille ces tronçons et permet d’imaginer comment Arc‑lès‑Gray peut devenir une étape parmi d’autres sur un itinéraire plus long.
Saône toute douce : kayak et paddle à deux pas d’Arc‑lès‑Gray
La Saône passe à quelques minutes d’Arc‑lès‑Gray et il serait dommage de ne la regarder que depuis le pont. À Gray, juste en face, des bases nautiques permettent de louer kayaks, canoës ou paddles pour une heure ou deux, le temps d’aller glisser au fil du courant et de voir la vallée autrement. On passe alors sous les ponts, au pied des façades, au ras des herbes de berge, dans cette lumière particulière des rivières lentes.
En pratique, tout est pensé pour des sorties très accessibles :
- location à l’heure ou à la demi‑journée, matériel fourni ;
- brief rapide sur la sécurité et le parcours ;
- possibilité de partir en solo, en duo ou en famille, selon les embarcations.
La portion de Saône entre Arc‑lès‑Gray et les environs immédiats de Gray se prête bien à ces « parenthèses aquatiques ». La rivière est large, le courant régulier, les rives alternent entre prairies, petits bois et quais urbains. Les embarquements se font côté Gray, mais on peut très bien garder Arc‑lès‑Gray comme base pour la nuit ou pour le reste du séjour, en revenant à pied ou à vélo après la sortie.
Pour profiter au mieux de ces moments sur l’eau, mieux vaut viser les beaux jours, du printemps à l’automne, en tenant compte des hauteurs d’eau et d’éventuelles restrictions liées aux crues. On évite les heures les plus chaudes de l’été, on se protège du soleil, et on prévoit un change pour remonter ensuite vers le parc Lamugnière ou les terrasses des quais. Ce sont ces allers‑retours permanents entre bourg, parc et rivière qui font le charme d’une halte à Arc‑lès‑Gray.

