Château de Rougeon : visite en Méhari et dégustation dans les vignes
Le moteur ronronne, les rangs de vigne défilent lentement et, dans cette vieille Citroën Méhari, le paysage s’ouvre autrement. À Bissey-sous-Cruchaud, au sud de Chalon-sur-Saône, Florence et Joseph Bouchard embarquent les visiteurs à travers les parcelles du Château de Rougeon. On vient volontiers pour la curiosité de la voiture. Mais le vrai sujet commence dès que l’on s’arrête : sous les pieds, les sols changent ; dans le verre, les vins prennent un relief plus concret.
Cette visite du Château de Rougeon se vit particulièrement bien par une belle journée sèche, au printemps, à la fin de l’été ou lorsque les coteaux prennent leurs teintes d’automne. La Méhari donne à l’escapade un supplément d’authenticité, avec son allure populaire et passe-partout. Pour certains, elle réveille un souvenir de vacances ; pour d’autres, elle offre une façon simple de découvrir les vignes sans se presser.
Pendant deux heures, la visite alterne entre les vignes, une dégustation dans les parcelles et un retour à la cuverie pour comprendre l’élaboration des vins. Florence et Joseph y racontent leur approche de l’agroécologie et de la viticulture biologique, sans séparer le paysage de ce que l’on goûte ensuite. Cette halte trouve naturellement sa place parmi les appellations de la Côte chalonnaise, entre Chalon-sur-Saône et les collines viticoles de Bourgogne du Sud.
Pourquoi choisir la visite en Méhari ?
- Pour le décor : les vignes se découvrent depuis les chemins du domaine, pas seulement depuis le caveau.
- Pour comprendre : la dégustation relie directement les vins aux parcelles et aux sols.
- Pour le rythme : comptez deux heures, à vivre en petit comité et sur réservation.
- Pour le moment : privilégiez une journée sèche, du printemps aux couleurs de l’automne.
Une visite qui commence dehors, dans les parcelles
Au Château de Rougeon, la dégustation ne se résume pas à aligner des bouteilles sur un comptoir. Elle débute dans les vignes, là où Florence et Joseph Bouchard font circuler la Méhari d’une parcelle à l’autre. Le rythme est celui d’une balade commentée : on s’arrête, on regarde la pente, on observe les ceps, puis on prend le temps de comprendre ce qui se joue sous la surface.
La visite du Château de Rougeon met les sens au travail avant le vocabulaire du vin. Le sol se touche, les feuillages se sentent, les bruits du vignoble s’écoutent. Cette approche convient aussi bien à ceux qui connaissent déjà quelques bouteilles de Bourgogne qu’à ceux qui veulent simplement saisir ce qui distingue un vin goûté dans les vignes d’un vin découvert au caveau.
Les explications sur l’agroécologie et la viticulture biologique prennent une forme concrète lorsqu’elles se font au milieu des rangs. Le domaine devient alors une bonne porte d’entrée pour comprendre que la Côte chalonnaise ne se découvre pas seulement à travers ses appellations, mais aussi par les femmes et les hommes qui font vivre ses paysages.
Comptez deux heures pour la formule en Méhari, un format suffisamment long pour profiter des échanges sans y consacrer toute la journée. Elle peut facilement s’intégrer à une escapade dans les vignobles de la Saône, avec une pause gourmande ou une autre visite dans les environs.
La Méhari, une parenthèse authentique plutôt qu’une attraction
La Méhari attire immédiatement le regard. Avec sa silhouette légère et son allure de voiture de vacances, elle évoque les routes secondaires, les paniers de pique-nique et une époque où l’on ne cherchait pas toujours à aller vite. Ici, elle n’est pas le prétexte à un décor rétro : elle sert à passer d’une vigne à l’autre, sans couper le fil de la visite.
Cette Citroën populaire, née à la fin des années 1960, conserve quelque chose de direct et de joyeux. Les visiteurs qui l’ont connue y retrouvent volontiers un souvenir de jeunesse ou de vacances familiales. Les autres découvrent une voiture sans sophistication excessive, ouverte sur le dehors et plutôt à sa place sur les chemins du domaine que dans une vitrine de collection.
Une vieille voiture, quelques chemins de vigne et un verre goûté là où il est né : la Méhari ajoute une note de mémoire à une visite qui parle surtout de sols, de plantes et de vins.
Son intérêt est de donner du caractère au trajet, pas de voler la vedette aux vins. Le temps du déplacement devient une respiration entre deux explications, avec les coteaux en arrière-plan et la possibilité de regarder le vignoble autrement qu’à travers le pare-brise d’une voiture moderne.
La formule s’adresse particulièrement à un couple ou à quelques amis. Le groupe est volontairement réduit et la réservation obligatoire, notamment parce que le véhicule ancien demande un entretien régulier. Mieux vaut choisir une journée clémente, prévoir une tenue adaptée au terrain et contacter le domaine en cas de météo incertaine.
De la vigne à la cuverie, comprendre avant de déguster
La Méhari ramène ensuite au domaine, où la visite se poursuit dans la cuverie. C’est le moment où les paysages parcourus prennent une autre forme : après les parcelles, les sols et les explications sur le travail de la vigne, Florence et Joseph détaillent l’élaboration des vins. Le passage évite de dissocier le geste agricole de ce qui se passe en cave.
Le Château de Rougeon cultive 13 hectares de vignes au sein d’un îlot naturel de 38 hectares. Les sols alternent granit, argilo-calcaire, grès et calcaires à gryphées, avec des expositions qui ne racontent pas exactement la même histoire d’une parcelle à l’autre. Le domaine travaille en agriculture biologique et s’appuie sur l’agroécologie : ruches, haies, jachères mellifères, compost produit sur place et moutons dans les vignes pendant l’hiver composent ce paysage vivant.
Dans le verre, cette diversité se traduit par une gamme qui va de l’aligoté aux blancs et rouges de Bourgogne Côte chalonnaise, en passant par un crémant de Bourgogne. La cuvée Qui Dort Dîne, un Bourgogne Aligoté, donne notamment une bonne occasion de parler de ce cépage longtemps resté dans l’ombre du chardonnay.
La dégustation dans les vignes a surtout le mérite de remettre les mots à leur juste place. On parle de terroir parce que le terrain est là, de millésime parce que la saison laisse sa trace, et de vinification parce qu’elle commence après un travail de plusieurs mois dans les parcelles. Pour ceux qui aiment comprendre ce qu’ils boivent sans transformer la sortie en cours magistral, le format fonctionne bien.
Une histoire de greffes, de vignes et de famille
Le Château de Rougeon ne se résume pas à une belle vue sur les coteaux. Le domaine est installé ici depuis le Moyen Âge, mais son histoire familiale prend un tournant en 1839 lorsque Claude Ozanon l’acquiert. Son fils, Charles Ozanon, botaniste et viticulteur, se consacre ensuite à la crise du phylloxéra qui frappe la Bourgogne à partir de 1875.
À partir de 1886, Charles Ozanon expérimente à Rougeon le greffage de cépages bourguignons sur des plants américains résistants. Le domaine indique qu’il obtient 1 200 plants en pots la première année, puis 24 000 greffes en 1888. Après le rétablissement des vignes de Rougeon, son travail est poursuivi à Meursault, Pommard et Beaune. C’est un épisode discret mais précieux : il rappelle que le vignoble bourguignon s’est aussi reconstruit grâce à des expérimentations menées loin des appellations les plus célèbres.
Henri Ozanon, son fils, s’engage ensuite dans la défense de la Bourgogne Côte chalonnaise et des petits producteurs, au moment de la fondation des appellations d’origine. Plus tard, la famille Bouchard prend le relais : Dominique et Isabelle relancent le domaine en 1981, avant que Florence et Joseph ne poursuivent aujourd’hui cette histoire à leur manière.
Le détail qui éclaire la visite
Dans les vignes de Rougeon, parler de greffage n’est pas une parenthèse historique. C’est une manière de comprendre pourquoi la vigne bourguignonne, fragilisée par le phylloxéra à la fin du XIXe siècle, a dû se réinventer pour continuer à produire les vins que l’on connaît aujourd’hui.
Pour qui cette visite vaut le détour ?
La formule en Méhari s’adresse d’abord à ceux qui préfèrent une dégustation reliée au paysage plutôt qu’une simple halte d’achat. Deux heures, un tout petit groupe et une réservation obligatoire : le format convient particulièrement à un couple ou à quelques amis de passage dans la région.
Elle conviendra moins à ceux qui cherchent une animation rapide ou un parcours très cadré. La balade se fait dehors, sur des chemins de vigne, avec les aléas d’un véhicule ancien et de la météo. Le meilleur choix reste une journée douce et sèche, en prévoyant des chaussures adaptées au terrain et une veste légère lorsque la saison le demande.
| Si vous cherchez… | La formule Méhari est-elle adaptée ? |
|---|---|
| Une visite vivante, avec paysage et dégustation | Oui. C’est l’intérêt principal de la formule. |
| Une découverte en couple ou entre amis | Oui. Le petit groupe favorise l’échange. |
| Un arrêt très court avant de reprendre la route | Plutôt non. Mieux vaut choisir une dégustation simple au caveau. |
| Une activité garantie par tous les temps | À vérifier. Une grande partie du parcours se déroule dehors. |
La visite intéressera aussi les curieux qui connaissent déjà les grands noms de Bourgogne mais souhaitent sortir des parcours les plus fréquentés. Rougeon se situe à la lisière de plusieurs paysages viticoles de la Côte chalonnaise. Après cette halte, il est facile de poursuivre vers le vin de Mercurey et son territoire, autre porte d’entrée pour découvrir les rouges de ce secteur.
Préparer sa visite au Château de Rougeon
La réservation est indispensable pour la formule Méhari. Avant de partir, mieux vaut vérifier directement avec le domaine le créneau disponible, le tarif appliqué à la date choisie et les conditions en cas de météo défavorable. Le domaine reçoit en français et en anglais.
Infos pratiques
- Adresse : Château de Rougeon, 71390 Bissey-sous-Cruchaud.
- Expérience : visite des parcelles en Méhari 4×4, dégustation dans les vignes et découverte de la cuverie.
- Durée : environ 2 heures.
- Petit groupe : capacité limitée, à confirmer auprès du domaine lors de la réservation.
- Tarif indicatif : 50 euros par personne, à vérifier lors de la réservation.
- Langues : français et anglais.
- Réservation : obligatoire.
- Contact : 03 85 92 02 54 ou 06 95 93 06 71, site du Château de Rougeon.
- Conseil météo : privilégier une journée sèche et appeler le domaine en cas de doute.
Une sortie pour prendre le temps
Au Château de Rougeon, la Méhari reste un joli prétexte. Ce que l’on retient, c’est surtout une dégustation qui commence dans les parcelles, se prolonge à la cuverie et donne au paysage sa place dans le verre.
Pour une escapade à deux ou entre amis dans la Côte chalonnaise, réservez un créneau par temps sec, prévoyez de ne pas reprendre immédiatement la route après la dégustation et gardez du temps pour explorer les vignobles voisins.
Informations pratiques vérifiées auprès du Château de Rougeon et de Bourgogne Tourisme. Les tarifs, horaires, disponibilités et conditions de visite peuvent évoluer : vérifiez-les directement auprès du domaine avant votre départ. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

