Beaujolais vert : un week-end de lacs et de forêts à deux pas de la vallée de la Saône
Quand les journées deviennent longues, que les collines se couvrent d’un vert profond et que l’air garde juste ce qu’il faut de fraîcheur, le Beaujolais vert offre exactement ce que l’on vient y chercher : de l’ombre sous les arbres, une eau assez douce pour tremper les pieds au lac des Sapins, des chemins de terre qui ne collent plus, et la sensation de respirer plus profond qu’en bas, sur la plaine. Les enfants repèrent d’abord la plage et les jeux, les adultes remarquent la ligne des crêtes qui apparaît derrière la surface du lac : en fond de scène, le Beaujolais vert pose son décor de pleine nature sans grands discours.
On arrive le matin par les routes qui remontent depuis la Saône, on aperçoit les premières fermes posées sur les replats, les haies puis les grands résineux. Autour de Cublize, le lac se devine par touches : un panneau « base de loisirs », une odeur de bois humide, quelques silhouettes qui marchent déjà en short autour de l’eau. La journée peut se jouer très simplement : une baignade surveillée pour se mettre dans le bain, un pique-nique à l’ombre, une petite boucle à pied ou à vélo autour des berges pour voir le lac sous plusieurs angles, en observant au passage les grenouilles, les pontons, les lignes de sapins qui se reflètent.
Le lendemain, en s’élevant un peu plus vers les crêtes et les grandes forêts, le Beaujolais vert change encore de visage. La lumière filtre entre les troncs, l’air se fait plus frais, les points de vue s’ouvrent sur un patchwork de bois, de pâturages et de collines, avec la vallée de la Saône quelque part là-bas, en contrebas. Une boucle courte autour d’un sommet facile, un sentier de découverte en forêt, quelques tables en lisière pour poser le sac à dos : tout invite à prendre son temps, à écouter les oiseaux et à mesurer que ce pays de lacs et de conifères complète naturellement ce que racontent déjà les vignes et les villages sur le versant est du Beaujolais.
Week-end type en Beaujolais vert
- Où ? Autour du lac des Sapins, à Cublize, et sur les hauteurs forestières voisines.
- Quoi ? Baignade, balades faciles, jeux au bord de l’eau, petite rando en forêt avec point de vue.
- Durée ? 2 jours, 1 à 2 nuits selon l’envie.
- Depuis la Saône ? Environ 45 minutes à 1 heure de route depuis Mâcon, Belleville ou Villefranche-sur-Saône.
- Ambiance ? Pleine nature, lacs et sapins, villages discrets et routes de crêtes.
Comprendre le Beaujolais vert quand on vient de la Saône
Sur la carte, le Beaujolais vert dessine le versant ouest du massif, celui qui regarde vers les monts plutôt que vers la rivière. Là où le Beaujolais viticole aligne des rangs de Gamay sur les pentes orientées vers la Saône, le Beaujolais vert enchaîne forêts de Douglas, pâturages, vallons encaissés et quelques crêtes faciles d’accès. La frontière n’est pas toujours nette, mais on sent bien, en montant, le moment où les vignes se raréfient pour laisser place aux sapins et aux grandes ombres.
Vu depuis la vallée de la Saône, c’est un contrechamp précieux. D’un côté, le fleuve, les quais, les ports de plaisance, les villages vignerons et les silhouettes de clochers qui dominent les coteaux. De l’autre, les lignes sombres des bois et les bosses plus hautes du pays, avec des noms qui reviennent souvent : Cublize et son lac, Thizy-les-Bourgs sur son plateau animé, Poule-les-Écharmeaux et les cols autour du GR7, le mont Saint-Rigaud surnommé le toit du Rhône. Entre les deux, des routes qui serpentent et permettent de passer en moins d’une heure d’un pique-nique au bord de l’eau à une balade sous les conifères.
Ce relief offre une autre manière de lire le Beaujolais. Le versant viticole, que racontent déjà nos pages dédiées aux crus du Beaujolais, continue d’exister juste derrière nous, mais l’œil est happé par d’autres silhouettes : celles des lisières, des clairières, des sommets boisés et des lignes de partage des eaux. Pour qui suit la Saône depuis Chalon, Mâcon ou Lyon, le Beaujolais vert apparaît comme un étage supplémentaire : après la rivière et les coteaux, les sapins et la fraîcheur.
Samedi au lac des Sapins, au cœur du Beaujolais vert
Le lac des Sapins, à Cublize, est un peu la carte postale officielle du Beaujolais vert, mais il ne vole pas sa réputation. Vue d’ensemble sur l’eau, plages aménagées, grande prairie pour étaler les serviettes, jeux pour les enfants, bateaux à pédales et, un peu à l’écart, la baignade biologique avec ses pontons en bois : tout est là pour en faire une base de week-end facile à apprivoiser.
La matinée commence souvent par le même rituel. On suit la signalisation « Lac des Sapins – base de loisirs », on se gare sur un des grands parkings en surplomb, puis on descend à pied en sentant l’air se rafraîchir. Entre les arbres, les premiers morceaux de lac apparaissent, avec leurs reflets changeants. On entend d’abord le bruit du plongeoir, puis les appels des enfants au niveau de la plage. Avant même d’avoir posé la serviette, on a quitté la vallée de la Saône pour autre chose : un amphithéâtre de sapins qui encadrent une grande pièce d’eau.
Pour rester dans une journée douce, rien ne presse. L’idée est de se trouver un coin de plage ou de pelouse qui convienne à tout le monde, et de laisser filer la matinée entre baignades, constructions de cabanes avec les branches tombées à l’arrière de la plage, lecture à l’ombre et observation des allées et venues sur l’eau. La baignade surveillée permet de laisser les enfants patauger en relative tranquillité, pendant que les plus grands testent le ponton ou une sortie en pédalo.
Autour du lac : une petite boucle pour prendre du recul
En début ou en fin d’après-midi, quand la lumière devient plus souple, c’est le moment idéal pour bouger un peu et prendre du recul sur le décor. Plusieurs sentiers font le tour du lac ou s’en approchent suffisamment pour offrir une vue plus large : certains sont très courts et quasi plats, d’autres ajoutent quelques bosses qui feront plaisir aux jambes après la sieste. Une boucle de quelques kilomètres suffit souvent pour retrouver le lac sous d’autres angles, croiser les zones plus calmes, longer des petites zones humides où les grenouilles chantent, faire une halte sur un ponton plus discret.
Cette boucle autour du lac se prête aussi très bien au vélo, surtout pour celles et ceux qui viennent avec des enfants. Les pistes larges et les faux plats doux permettent de pédaler sans stress, en alternant passages à l’ombre, petites montées courtes et descentes roulantes. On peut faire le tour tranquillement en s’arrêtant à chaque ponton ou petit point de vue sur l’eau, puis revenir poser les vélos près de la plage pour une dernière baignade.
On marche sur des chemins de terre ou des pistes larges, parfois ombragés, parfois plus ouverts. Par endroits, une trouée entre les sapins donne directement sur l’eau, avec la plage principale en contrebas et les collines en fond de cadre. Ailleurs, un ponton s’avance dans le lac et permet de se poser au-dessus de la surface, loin de l’agitation. Ce n’est pas une randonnée sportive, plutôt une manière de s’approprier le site et de se donner l’impression d’avoir vraiment tourné autour du lac, pas seulement d’être resté sur la serviette.
« Le lac des Sapins n’est pas seulement un endroit où l’on se baigne : c’est un décor circulaire qu’on lit en tournant autour, entre plages animées, petites criques, pontons silencieux et lignes de sapins qui se reflètent. »
Dimanche en forêt : mont Saint-Rigaud et grandes lisières
Après une journée centrée sur l’eau, le deuxième jour peut se jouer davantage en altitude, avec une boucle en forêt autour du mont Saint-Rigaud ou dans un grand massif comme ceux de Brou ou de la Cantinière. Le principe reste le même : garder des distances raisonnables, profiter de l’ombre des conifères et chercher un point de vue qui rappelle que la vallée de la Saône n’est jamais très loin, même quand on marche dans les aiguilles.
Mont Saint-Rigaud : le « toit du Rhône » accessible
Autour du mont Saint-Rigaud, les sentiers s’organisent en boucles de différentes longueurs. Sans viser le parcours le plus ambitieux, on peut dessiner un itinéraire familial qui alterne sections en sous-bois, traversées de petites clairières et arrivée sur un belvédère ou une tour offrant une vue dégagée. Selon la météo, la perspective dévoile un patchwork de collines, de forêts et de pâturages, parfois jusqu’aux reliefs plus lointains.
Le sol est souvent souple, couvert d’aiguilles, avec quelques portions plus caillouteuses. Les enfants trouvent de quoi s’occuper : bâtons, cabanes improvisées entre les troncs, jeux d’orientation pour repérer d’où vient la lumière ou où se trouve le sommet. On peut prévoir une pause prolongée au point de vue, le temps de sortir le pique-nique ou un goûter, d’observer les vallées et d’essayer d’imaginer, quelque part à l’est, le ruban de la Saône et les coteaux couverts de vignes.
Autres forêts du Beaujolais vert : Brou, Cantinière et grandes ombres
Si l’on préfère une ambiance encore plus immersive, les grands massifs boisés du Beaujolais vert offrent d’autres façons de goûter ce relief. Dans la forêt de Brou, du côté de Dième, ou dans celle de la Cantinière, certaines boucles sont balisées avec des panneaux d’interprétation, d’autres restent de simples chemins de terre que l’on suit au feeling en restant attentif aux carrefours. La constante : des arbres hauts, un parfum de résine, des oiseaux qu’on entend plus qu’on ne voit, parfois une clairière où l’on surprend un troupeau ou un chevreuil.
Ces promenades peuvent être très courtes ou s’étirer sur plusieurs heures, mais l’idée reste de garder un rythme tranquille. La forêt, ici, est moins un décor qu’un milieu à part entière : on y remarque la fraîcheur qui persiste même en plein après-midi, la façon dont la lumière se découpe entre les branches, le silence relatif qui succède aux bruits de la plage et de la route. Ceux qui ont emporté un VTT ou un gravel peuvent aussi profiter des pistes forestières et des petites routes de crête pour dessiner une boucle roulante entre lac, lisières et villages, avant de retrouver une place de bourg ou un point de vue sur la vallée de la Saône.
Saison, lumière et moments à privilégier
Le Beaujolais vert se découvre presque toute l’année, mais il révèle particulièrement bien son caractère pendant la belle saison. Au printemps, les forêts sentent l’humus et les jeunes aiguilles, les chemins sèchent doucement et les ruisseaux gardent du débit. À l’approche de l’été, les journées s’allongent, le lac gagne quelques degrés, les soirées se prêtent à des retours tardifs en bord de Saône après une journée en altitude.
- Au printemps : ambiance fraîche et très verte, idéal pour une première découverte des forêts et des sentiers autour du lac sans grosse chaleur.
- Au cœur de l’été : le lac joue pleinement son rôle de base de loisirs, mais les bois deviennent des refuges naturels aux heures les plus chaudes.
- En début d’automne : belles lumières, couleurs qui changent sur les pentes, fréquentation plus douce au lac, sentiers encore praticables.
La clé consiste souvent à caler les moments de baignade et de plage sur les heures les plus chaudes, puis à profiter des sous-bois pour les matinées ou les fins d’après-midi. Les journées étant longues, il reste du temps pour une halte en vallée de la Saône sur le trajet retour : une glace sur un quai, un détour par un village vigneron ou un simple arrêt pour regarder le fleuve filer lentement.
Animations nature et petites expériences en plus
Autour du lac des Sapins et dans les villages du Beaujolais vert, la pleine nature ne se résume pas aux activités « en libre-service ». Selon les périodes, des animations viennent compléter le tableau : balades contées en forêt, ateliers de découverte des plantes, initiations à la pêche pour les enfants, journées festives autour des foins ou des fermes. Elles permettent de donner un visage plus incarné à ce paysage de sapins et de prairies.
Au bord du lac, des ateliers « pêche nature » permettent parfois aux enfants d’apprendre les gestes de base avec un animateur, canne en main, en observant les poissons qui tournent sous les pontons. Du côté de Thizy-les-Bourgs ou de Poule-les-Écharmeaux, des balades commentées invitent à écouter la forêt autrement : reconnaître quelques essences, comprendre comment les Douglas ont transformé le paysage, mesurer ce que la forêt représente pour ceux qui vivent là toute l’année. Ces moments encadrés demandent un peu d’anticipation, mais ils transforment une simple marche en expérience plus riche, surtout quand on vient de la vallée de la Saône et que l’on découvre ce versant pour la première fois.
Prolonger la découverte au-delà des sapins
Un week-end concentré autour du lac des Sapins et des grands massifs boisés donne déjà une belle première lecture du Beaujolais vert, mais ce territoire prend une autre épaisseur quand on le met en regard avec ses voisins. Au sud, les silhouettes dorées des villages en pierre calcaire rappellent que tout le Beaujolais n’est pas forestier : les villages des Pierres Dorées offrent, à quelques vallées de là, des ruelles couleur miel, des châteaux en calcaire ocre et des points de vue sur les vignes et les vallons qui descendent vers la Saône.
De la même manière, du côté est, les coteaux viticoles continuent de s’étager au-dessus du fleuve. Après un séjour en pleine nature, il peut être tentant de redescendre vers la vallée et de prendre le temps de mieux comprendre ce qui se joue entre les parcelles de Gamay, les villages vignerons et le fleuve en contrebas. Un guide dédié aux crus du Beaujolais permet de remettre de l’ordre dans les appellations et de voir comment la Saône, les coteaux et les villages forment un ensemble cohérent, complémentaire des sapins et des lacs du versant ouest.
Pour celles et ceux qui auront envie de revenir et de varier les plaisirs, il existe d’autres manières d’explorer le massif. Une sélection de randonnées dans le Beaujolais propose par exemple des boucles qui vont des vignes aux forêts, en passant par les crêtes et les villages, avec différents niveaux de difficulté. On peut ainsi imaginer, sur plusieurs sorties, un jeu de va-et-vient entre vallée de la Saône, Beaujolais viticole, Pierres Dorées et Beaujolais vert, en changeant de point de vue à chaque fois.
Et si l’envie vient de grouper ces expériences dans un même séjour, un autre guide aide déjà à visiter le Beaujolais sur deux ou trois jours, en combinant haltes au bord de la Saône, villages dorés et découvertes des crus. Il suffit alors d’ajouter une journée de lacs et de forêts pour que le tableau soit complet : vallée, vignes, pierres dorées et sapins, quatre façons différentes de lire le même territoire.
Infos pratiques pour un week-end en Beaujolais vert
- Localisation : autour de Cublize (lac des Sapins), dans les monts du Beaujolais, à l’ouest de la vallée de la Saône.
- Accès depuis la Saône : environ 45 minutes à 1 heure de route depuis Mâcon, Belleville-sur-Saône ou Villefranche-sur-Saône, en remontant par les vallées secondaires.
- Durée conseillée : 2 jours, avec 1 à 2 nuits selon l’envie de multiplier les balades ou de rester davantage au lac.
- Activités : baignade et base de loisirs au lac des Sapins, petites boucles à pied ou à vélo autour du lac, randonnées faciles en forêt (Saint-Rigaud, Brou, Cantinière), animations nature et balades commentées selon la saison.
- Période idéale : de la belle saison jusqu’au début de l’automne : journées longues, forêts bien vertes, eau du lac agréable, mais fréquentation plus modérée hors plein été.
- Ambiance : pleine nature, relief doux de moyenne montagne, villages discrets, alternance de lacs, bois et pâturages.
- Ressources utiles : Office de Tourisme du Beaujolais vert, cartes de randonnées locales, fiches des itinéraires autour du lac des Sapins et du mont Saint-Rigaud, prévisions météo régionales.
FAQ autour d’un week-end en Beaujolais vert
Peut-on visiter le Beaujolais vert sans voiture depuis la vallée de la Saône ?
Il est plus simple de venir en voiture, mais quelques combinaisons restent possibles sans volant : train jusqu’à Villefranche-sur-Saône ou Mâcon, puis car régional vers des bourgs comme Cublize ou Thizy-les-Bourgs, complétés par des navettes ou des taxis locaux. Pour un premier week-end court, la voiture reste toutefois le moyen le plus souple pour enchaîner lac, forêts et haltes en vallée de la Saône.
Quelle différence entre la baignade dans le lac des Sapins et la baignade biologique ?
La baignade « classique » se fait sur une plage aménagée au bord du lac, avec accès direct à l’eau et zone surveillée en saison. La baignade biologique, plus à l’écart, fonctionne comme une grande piscine naturelle : eau filtrée par les plantes, pontons en bois, ambiance plus calme, sans embarcations autour. Les deux options cohabitent et permettent de choisir entre plage animée et cadre plus intimiste.
Peut-on faire du vélo facilement en Beaujolais vert ?
Oui, le Beaujolais vert se prête bien au vélo, à condition de choisir les bons reliefs. Autour du lac des Sapins, une boucle douce permet de faire le tour en famille sans gros dénivelé, en alternant pistes larges et faux plats. Plus haut, les petites routes de crête et certaines pistes forestières offrent de beaux parcours pour le VTT ou le gravel, avec des vues régulières sur les collines et, au loin, la vallée de la Saône. Pour des itinéraires plus techniques ou plus longs, mieux vaut s’appuyer sur les cartes locales et les circuits balisés.
Où dormir près du lac des Sapins pour un week-end ?
Autour de Cublize, plusieurs campings, gîtes et chambres d’hôtes permettent de dormir à proximité du lac : camping du lac des Sapins pour une ambiance nature très directe, gîte ou chambre d’hôtes dans les collines pour profiter du calme en soirée, ou hébergement dans un bourg voisin comme Thizy-les-Bourgs si l’on préfère avoir commerces et restaurants à pied.
Le Beaujolais vert est-il adapté à un week-end avec de jeunes enfants ?
pour la première journée, sentiers courts en forêt et pauses fréquentes pour la deuxième. Certains chemins se prêtent bien à la poussette tout-terrain ou à la draisienne, mais dès que le relief se marque, mieux vaut prévoir un porte-bébé et prendre le temps de s’arrêter souvent.
Vaut-il mieux venir au printemps, en été ou en automne ?
Le printemps est parfait pour découvrir les forêts bien vertes et des sentiers encore calmes, l’été pour profiter pleinement de la baignade au lac tout en trouvant de la fraîcheur sous les sapins, et le début de l’automne pour les lumières dorées et les couleurs sur les collines. Le cœur de l’été est plus animé, mais les massifs boisés offrent toujours des coins à l’écart de l’agitation.

