A6 : des haltes au bord de Saône à 10 minutes de la sortie

A6 entre Mâcon, Chalon et Tournus : des haltes au bord de la Saône

Sur l’A6, les panneaux de sortie défilent sans qu’on y prête attention. Trois noms croisés à pleine vitesse, entre deux stations-service et deux siestes d’enfants à l’arrière. Ce tronçon porte pourtant un nom que peu de conducteurs connaissent : la Route de la Vallée de la Saône. Et pour cause, à quelques minutes à peine du bitume, la rivière coule tranquillement, avec ses quais ombragés et des histoires qu’on ne soupçonne pas depuis la bande d’arrêt d’urgence.

Derrière l’une de ces sorties, un inventeur a changé le regard du monde en fixant la toute première photographie de l’histoire. Derrière une autre, des chasseurs préhistoriques épiaient leurs proies depuis des millénaires. Derrière la troisième, des moines en fuite ont fini par poser leurs valises après un exil de plusieurs générations. On ne s’attend pas à ça en coupant le moteur pour un café.

Ces trois haltes n’exigent pas de tout réorganiser son trajet. Elles se glissent dans le temps qu’on a vraiment, qu’on soit pressé ou disposé à s’attarder :

  • 10 minutes suffisent pour voir l’eau et se dégourdir les jambes
  • 45 minutes permettent un repas ou une courte balade sur les berges
  • Une demi-journée laisse le temps de vraiment découvrir la ville

Ces haltes fonctionnent dans les deux sens de circulation, à l’aller comme au retour, et pas uniquement lors des grands départs d’été. Que la route mène vers la Méditerranée ou remonte vers Paris, ces trois villes ponctuent la même rivière que l’autoroute traverse sans jamais s’y arrêter.

10 minutes : juste de quoi respirer

Pas besoin de sortir la carte bancaire ni de couper le moteur plus de dix minutes. Ces trois haltes se jouent à quelques pas du parking, le temps de remplir les poumons d’air frais.

À Chalon-sur-Saône (sortie 26, Chalon-Sud), le Pont de Bourgogne offre une vue directe sur les quais et sur l’eau. C’est ici, entre ces berges, qu’est né Nicéphore Niépce, l’homme qui a fixé la toute première photographie de l’histoire en pointant son objectif improvisé vers sa propre fenêtre.

À Mâcon (sorties 28 ou 29 selon le sens de circulation), le Pont Saint-Laurent traverse la Saône depuis des siècles et reste l’un des plus anciens ponts encore en usage sur la rivière. Quelques minutes suffisent pour longer le quai et sentir l’air changer.

À Tournus (sortie 27), l’abbaye Saint-Philibert se dévoile depuis les quais sans même qu’il soit nécessaire d’entrer en ville. Ses pierres racontent une histoire mouvementée : selon l’office de tourisme de Tournus, les moines qui l’ont fondée ont fui les invasions vikings pendant près de quarante ans, trimballant les reliques de leur saint patron à travers la France, avant de pouvoir enfin s’installer ici, en 875. Le pont de Tournus offre le meilleur point de vue sur l’ensemble.

45 minutes : le temps d’un vrai repas

Avec un peu plus de temps devant soi, la pause peut s’installer autour d’une table, les pieds presque dans l’eau.

À Chalon-sur-Saône, l’ambiance guinguette continue d’animer le quai de la Monnaie une bonne partie de l’été. On y mange simplement, en terrasse, au rythme du fleuve plutôt qu’à celui de l’autoroute.

À Mâcon, les berges rassemblent plusieurs terrasses où s’attabler rapidement, entre un plat du jour et une vue sur l’eau. C’est aussi l’occasion de repérer une adresse pour goûter un verre de Mâconnais, le vignoble commençant littéralement aux portes de la ville.

À Tournus, quelques adresses autour de l’abbaye permettent de déjeuner sans s’éloigner du centre. La ville reste petite : tout se fait à pied depuis le quai.

Une demi-journée : la vraie découverte

Pour qui peut vraiment s’arrêter, chacune des trois villes se transforme en destination à part entière.

À Chalon-sur-Saône, le musée Nicéphore Niépce retrace l’histoire de l’invention de la photographie, juste à côté de l’île Saint-Laurent où il fait bon flâner en bord d’eau. Pour repartir autrement qu’en voiture, une croisière avec repas sur la Saône permet même de remonter la rivière depuis Lyon jusqu’ici.

À Mâcon, la Roche de Solutré se trouve à moins de quinze minutes de la sortie d’autoroute. Selon le musée départemental de Préhistoire de Solutré, des chasseurs y ont guetté des troupeaux entiers en migration, embusqués au pied de la falaise, et ce pendant près de 25 000 ans. Le site domine aujourd’hui le vignoble du Mâconnais, dont les premières vignes commencent littéralement au pied du rocher.

À Tournus, l’intérieur de l’abbaye Saint-Philibert mérite la visite : la nef romane, la crypte et la chapelle Saint-Michel racontent mille ans d’histoire en quelques salles. Les ruelles alentour se parcourent entièrement à pied depuis les rives.

Bon à savoir avant de partir

  • Les quais et les ponts se visitent librement, à toute heure
  • L’abbaye de Tournus et le musée Niépce sont payants : horaires à vérifier auprès des offices de tourisme locaux avant de s’arrêter
  • Aucune réservation nécessaire pour les haltes de 10 ou 45 minutes
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Le panneau ne dit jamais tout

Un panneau de sortie ne dit jamais tout. Derrière celui de Chalon-sur-Saône, de Mâcon ou de Tournus, il y a une rivière fraîche, quelques pierres chargées d’histoire, et le temps qu’on choisit de leur accorder, dix minutes ou une demi-journée. Que la route mène vers le sud ou qu’elle en revienne, la Saône reste là, toute l’année, à attendre le prochain coup de frein.

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