Beaujolais rosé : le vin frais et méconnu à découvrir cet été

Spritz, rosé piscine… et si le vrai bon plan fraîcheur venait du Beaujolais ?

Et si le Beaujolais rosé devenait le rosé de l’été ?

Le spritz est désormais le cocktail le plus vendu en France dans les bars et restaurants, devant le mojito et le kir. Autour de lui, le rosé piscine servi avec des glaçons dans un grand verre, le rosé pamplemousse et les grandes marques de Provence occupent toutes les tables de terrasse. Ce sont de bons compagnons d’été.

Mais si vous cherchez une bouteille différente à glisser dans le sac ce week-end, quelque chose de local, encore peu connu et à prix doux, il y a une piste que vous n’avez peut-être pas explorée : le rosé du Beaujolais.

Un vin confidentiel dans un pays de rosé

Les chiffres qui expliquent sa discrétion

Dans un pays où le rosé occupe une place majeure dans la consommation estivale, la Provence capte l’essentiel de l’attention avec environ 40 à 45 % de la production de rosés AOP français. Le Beaujolais, lui, représente environ 2 millions de bouteilles de rosé par an, produites par près de 450 exploitations sur les 3 000 que compte le vignoble, une micro-production réelle et ancienne : les rosés du Beaujolais sont reconnus en AOC Beaujolais et Beaujolais-Villages par l’INAO depuis 1937.

Ce n’est pas un vin nouveau. C’est un vin que peu de gens pensent à chercher.

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Un gamay taillé pour la chaleur

Le Beaujolais rosé est produit exclusivement à partir du gamay noir à jus blanc, le cépage unique du vignoble. Vinifié par pressurage direct, il donne une robe très pâle (entre pomelo et pêche), des arômes de fruits rouges acidulés (groseille, framboise) et une touche d’agrumes. La bouche est légère, sans tanins perceptibles, avec une acidité fraîche caractéristique des cépages de coteau cultivés sous un climat tempéré.

À servir entre 8 et 10 °C, il accompagne un apéritif estival, une planche de charcuteries légères, des poissons grillés ou un repas léger en terrasse, à consommer avec modération. La plupart des cuvées se trouvent entre 7 et 12 € indicatifs chez le vigneron ou en caviste, selon le domaine, le millésime et le canal de vente.

Trois façons de le découvrir autour de la Saône

Fin d’après-midi dans les Pierres Dorées

La lumière de fin de journée sur les façades en pierre blonde d’Oingt ou de Charnay-en-Beaujolais, un verre de rosé posé sur une table en terrasse : c’est l’une des façons les plus naturelles d’aborder ce vin de coteaux. Les villages des Pierres Dorées en Beaujolais dominent les vignes depuis les hauteurs, les mêmes coteaux qui fournissent une bonne partie des gamays rosés du secteur. Une balade dans les ruelles, un arrêt dans une cave du village, et la bouteille du week-end est trouvée.

Journée fraîcheur dans la vallée d’Azergues

La vallée de l’Azergues, rivière qui descend du Beaujolais vert vers la Saône, offre de l’ombre et du calme quand le thermomètre monte. Après une matinée le long de l’eau, à pied ou à vélo, un rosé de gamay bien frais en fin de journée, dans un bistrot ou sur la terrasse d’un village de coteau, s’impose naturellement.

Bords de Saône, puis montée dans les vignes

Une journée au plan d’eau du Colombier à Anse, suivie d’un détour en fin d’après-midi dans les vignes pour rapporter une ou deux bouteilles directement chez un domaine. C’est le rythme naturel du Beaujolais : la Saône et les coteaux se répondent à quelques kilomètres de distance, et le rosé fait le lien entre les deux.

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Ce que peu de gens savent sur le Beaujolais rosé

Un rosé né pour le Japon. Le Beaujolais Nouveau rosé n’existe que depuis 2006 : il a d’abord été conçu comme une cuvée test pour le marché japonais, avant d’arriver timidement en France l’année suivante.

Un rosé qui finance la recherche. Le Château des Ravatys, qui produit la cuvée « Air de Rosé », est propriété de l’Institut Pasteur : les bénéfices des ventes de ses vins participent au financement de la recherche scientifique.

Une production limitée à quelques centaines de domaines. Sur les 3 000 exploitations du vignoble, près de 450 produisent du rosé. C’est un vin que l’on trouve encore rarement en grande surface, et plus facilement chez un vigneron ou un caviste qui connaît son Beaujolais.

Infos pratiques

  • Cépage : gamay noir à jus blanc
  • Appellations : AOC Beaujolais rosé et AOC Beaujolais-Villages rosé
  • Robe : très pâle, reflets pomelo à pêche
  • Arômes : fruits rouges acidulés, groseille, agrumes, parfois fleurs blanches
  • Température de service : 8–10 °C
  • Conservation : 2 à 4 ans pour les cuvées classiques
  • Prix indicatif : 7–12 € la bouteille en cave ou chez le vigneron, variable selon domaine et millésime
  • Accords : apéritif estival, charcuteries légères, poissons grillés, salades, fromages de chèvre, à consommer avec modération
  • Période idéale : printemps à fin d’été

Quelques exemples de cuvées à repérer

  • Château de Bluizard – cuvée Joséphine : rosé Beaujolais-Villages aromatique, vers 7,50 € indicatif
  • Château des Ravatys – « Air de Rosé » : domaine propriété de l’Institut Pasteur, service conseillé entre 8 et 10 °C
  • Domaine des Terres Vivantes : Beaujolais-Villages rosé bio, notes florales et fruitées

Une excuse parfaite pour monter dans les coteaux

Le Beaujolais rosé ne cherche pas à détrôner la Provence ni à rivaliser avec les grands formats de l’été. Il propose simplement une bouteille honnête, fraîche et locale, à déguster avec modération dans un paysage de vignes et de villages. Avec les premières chaleurs, c’est peut-être la meilleure raison de quitter les terrasses connues pour aller en chercher une nouvelle, un peu plus haut dans les coteaux.

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